Dessin en live à Saint Malo
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Le dessin en direct comment ça se passe ?
Le 20 juin, j’ai dessiné en direct à l’IUT de Saint Malo pour une réunion entre les nouveaux élus de la communauté de communes de Saint Malo
Tout préparer, prendre son matériel, s’installer, ouvrir grand ses oreilles, écouter et rebondir sur les propos de l’orateur… L’exercice demande de la concentration, de la curiosité et une vraie capacité d’écoute. Il ne suffit pas d’être présent : il faut être attentif à chaque mot, saisir une idée, repérer une information, comprendre le contexte et parfois anticiper la suite.

Cela demande aussi un minimum de préparation en amont. Avoir potassé les sujets, s’être plongée dans les thèmes abordés, connaître les principaux enjeux du client ou de l’événement permet de mieux comprendre les interventions et de prévoir quelques bonnes idées à dégainer au bon moment.
De mon coté je me prépare un petit stock de gags ou de jeux de mots sur un thème dont je sais qu’il va être abordé, pour ne pas avoir le vertige de la page blanche au moment de commencer et avoir l’épaisseur rassurante d’une pile de papier prêts a être sortis.
On s’adapte ! Le matin une plénière
Le matin séance plénière On va chercher une vision commune pour le territoire, de vivre ensemble, de solidarité, d’innovation, d’ambitions, de transports verts. Je suis les échanges et je dessine en direct, dans l’amphithéâtre, filmée par ma petite camera, elle même reliée à mon ordi, lui raccordé à un écran géant qui affiche en grand ma main qui dessine.
Pas question de faire de faute d’orthographe et pas le temps de se censurer sinon on passe à coté de la bonne idée, ou l’idée qui tient debout au moment ou elle est dite. Il faut se jeter dans l’action et penser vite. J’avoue, c’est souvent très premier degrés. Mais pour l’illustration éditoriale ou conceptuelle on repassera, c’est un autre format. Il faut saisir vite la moelle de la discussion et sans compliquer le dessin envoyer les dessins ON TIME, sinon c’est trop triste un dessin périmé.

Des bêtises ? Inévitable !
Le dessin en direct c’est parfois acrobatique. Oui j’ai été un peu vite, j’ai pensé maitriser le sujet de la méthanisation, j’ai dessiné des vaches et des bouses, erreur. Sur ce territoire il s’agit plutôt des méthanisation avec des eaux usées, mais en fait après avoir corrigé le tir d’un autre dessin tout frais, c’est l’occasion de creuser le sujets et tout le monde est content.
La méthanisation des eaux usées, ce n’est pas forcément le sujet le plus glamour à dessiner… et pourtant ! Derrière nos eaux usées se cache tout un petit monde qui travaille, digère et produit même du gaz.
Le principe est finalement assez malin : on récupère la matière organique, on la laisse fermenter tranquillement, et pendant ce temps-là, les bactéries font le boulot. À la sortie : du biogaz, de l’énergie et des eaux traitées.
Une bonne matinée

L’après-midi un dessin reportage.
Après un déjeuner délicieux express dont la tension de l’évènement ne permet pas de vraiment profiter, l’après midi est consacré aux tables rondes.
Pendant les tables rondes, dessin en temps réel. Les participants sont réunis et débattent autour de différents thèmes. Moi, je suis là pour faire du dessin en direct. Je dois transcrire les échanges : les idées qui fusent, celles qui changent en cours de route, les sous-entendus, les petites blagues, les moments de réflexion, les brainstormings…
Le problème, c’est que ça va vite. Très vite même. Et quelque part, je trouve que tout est intéressant. Il y a cinq ateliers, dix personnes autour de chaque table, des discussions qui partent dans tous les sens… Impossible de tout capter, même avec les oreilles grandes ouvertes et le crayon bien aiguisé!

Alors, comme je vois qu’il y a aussi des personnes chargées de rapporter les idées et de faire la synthèse des échanges, je décide de ne pas chercher à tout raconter. Je vais plutôt attraper quelques moments. Impossible de tout capter. Et quelque part, tant mieux : le dessin en direct n’a pas vocation à tout retranscrire
Quelques clichés dessinés, quelques expressions, une posture, une idée qui rebondit, une petite scène qui m’a fait sourire… et surtout quelques répliques entendues au détour des discussions. Des petits bouts de conversation qui, mis bout à bout, racontent finalement assez bien l’ambiance et la richesse des échanges.
Je ne dessine donc pas tout. Je picore. Je tends l’oreille, je choisis, je croque au vol. Et finalement, c’est peut-être ça qui rend ces dessins intéressants : ils ne cherchent pas à tout dire, mais à garder une trace de quelques instants pris sur le vif.
Restitution et débrief
Deux heures plus tard, c’est déjà le moment de la restitution.
De retour dans l’amphithéâtre, je reconnecte la caméra, l’ordinateur, l’écran… et je glisse sous l’objectif les dessins que je viens à peine de terminer. Quelques minutes plus tôt, ils étaient encore autour des tables, en train de discuter, réfléchir, plaisanter. Les voilà maintenant projetés en grand devant tout le monde.
Les participants sont attentifs. Et moi, je leur relis leur après-midi, mais à travers mes yeux et mes dessins. Je fais défiler les scènes, les petits moments que j’ai attrapés au vol, les idées qui ont circulé, les attitudes, les expressions…
Il y a les sourires quand quelqu’un se reconnaît, les « ah oui, c’est toi, on reconnais bien ta tête ». Certains découvrent aussi ce que les autres groupes ont raconté, puisque chacun n’a pas pu assister à toutes les discussions.
Et finalement, ce moment devient un peu plus qu’une simple restitution. C’est une façon de refermer la journée autrement. Après deux heures de réflexion, de débats et de brainstorming, on prend le temps de regarder ce qui vient de se passer avec un peu de recul et surtout avec le sourire.
Mes dessins ne remplacent évidemment pas les comptes rendus ni les idées qui ont été récoltées pendant les ateliers. Ils viennent plutôt apporter une autre lecture de la journée : plus légère, plus spontanée, parfois décalée.
Finir en beauté
En rangeant mes affaires, je me relis la journée d’illustration événementielle. Et je me dis que ma présence à apporté quelque chose de différent : un œil extérieur, celui de la personne qui n’est pas « de la partie », qui apporte un regard neuf. j’ai donné une couleur plus poétique à la journée, dessiné des centaines de petits vélos qui circulent le long du littoral, fait parler des grenouilles et des taupes pour illustrer l’environnement et la biodiversité, des gens en ciré jaunes sous la pluie parce qu’on est quand même en Bretagne…
On a transformé une réunion d’élus, un samedi après-midi dans un amphithéâtre alors qu’il fait beau dehors et que c’est demain la fête de la musique en moment convivial, où l’on est bien accueilli et où la journée réserve des surprises. Défi relevé !
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